Compositeur contemporain, installé dans le sud-ouest, mais originaire de l'est, Daniel Brel est un musicien passionné et inspiré. Origines russes du côté maternel et probablement hongroises du côté paternel.
Les Brel semblent avoir un tempérament de nomades, probablement aussi des origines tziganes. On retrouve chez la plupart des Brel un goût marqué pour la musique ainsi qu’un besoin de liberté qui les conduit à vivre souvent en marge de la société.
Le grand-père de Daniel, Emile Brel, fut un accordéoniste renommé dans les années 1930.
C'est avec lui que Daniel apprendra à jouer de l'accordéon.




Adolescent, Daniel rentre en apprentissage comme accordeur de piano et s’inscrit à l’école de musique de Pau pour y suivre des cours de solfège, de chant, puis de trombone et de contrebasse, avec en parallèle des cours de piano particuliers que lui donne l’épouse de son patron. 
Emile Brel décède en 1965 et Daniel va travailler seul l’accordéon de 1965 à 1971 environ.

Il écoute beaucoup de musique classique : pièces d’orgue, chorals de Bach, valses de Chopin, pièces de Grieg, musiques russes – tout ce qui peut être adapté à son instrument.
C’est en 1971 que Daniel entend Astor Piazzolla à la radio. Il est cueilli par cette musique et découvre le bandonéon. Il y en a justement un au magasin où il travaille. Il s’intéresse alors à l’instrument et décide d’en acheter un. Il s’entraîne seul, écoute beaucoup Piazzolla et comprend instinctivement cette musique qui lui parle d'un exil qu'il ressent au fond de lui.
Pendant presque dix ans (1970 – 1980), Daniel va former un duo étonnant avec son jeune cousin pianiste, Rémi Brel. Les deux hommes, passionnés de tango et musiciens chevronnés, font très vite la preuve de leur talent. Ils osent des pièces que des musiciens avertis leur envient. Les argentins s’étonnent que des français ressentent à ce point une musique qui n’est pourtant pas issue de leur culture.
Parallèlement, Daniel ne cesse d'écouter aussi les grands maîtres de la musique classique (entre autres Tchaïkovsky, Rachmaninov, Chostakovitch, Korngold, Richard Strauss, Bernstein, Fauré, Ravel, Debussy...) et sent qu'il y a un pont, un chemin à suivre entre la musique populaire et la musique savante. Très vite, son inspiration, sa voix intérieure toujours tournée vers la poésie, l'amène à l'écriture musicale. 
En 1978, Daniel fait la connaissance de Juan Carlos Caceres venu à Pau pour un concert et c'est aussi grâce aux encouragements de ce dernier que Daniel se lance dans l'écriture.
Daniel ira écouter plusieurs fois Piazzolla en concert aux Champs Elysées.
En 1979, il quitte le magasin de musique où il est apprenti pour s’installer à son compte comme accordeur de piano. 
Un peu plus tard, Daniel rencontre Juan José Mosalini dans un festival à Uzeste et c'est lui qui lui conseille de présenter le Certificat d'Aptitude de professeur de bandonéon et accordéon. C'est ainsi que Daniel, musicien autodidacte, ayant suivi longtemps les chemins détournés d'une école buissonnière, passe en 1988 cet examen à Paris et l'obtient avec succès. Dans son jury il y a : Richard Galliano, Frédéric Guérouet, Désiré Dondeyne ...

En 1998, Daniel occupe son premier poste de professeur à l'ENMD d'Evreux. En 2001, il enseigne également à l'ENMD de la Rochelle. Enfin, en 2005, il obtient un poste à temps plein à l'ENMD de Pau, où il enseigne toujours à l'heure actuelle.

Devenu une référence en tant que bandonéoniste, Daniel aime à rappeler que cet instrument est l'orgue du pauvre et qu'il est, au delà du tango, un instrument qui parle de spiritualité, d'une mélancolie liée à l'exil, venant réveiller au plus profond de ceux qui l'écoutent un spleen douloureux mais nécessaire.

Daniel Brel se produit dans de nombreux concerts et festivals, interprétant aussi bien des oeuvres du tango traditionnel dont il fait des arrangements, que des tangos contemporains ou des pièces de sa composition.

En 2003, Vincent Dumestre, directeur artistique du Poème harmonique et ami de Daniel lui commande une série de pièces avec l'idée audacieuse et libre de mêler le bandonéon à d'autres instruments beaucoup plus anciens et habituellement destinés à jouer la musique du XVIIème siècle. C'est ainsi que nait « Quatre chemins de mélancolie », musique toute d'introspection, de dialogue intime et personnel avec des paysages proches ou lointains, dans l'espace comme dans le temps.

Tout au long de ces années, l'écriture reste le fil conducteur de son existence et lui permet de trouver un langage musical qui lui est propre, avec lequel il réussit à s'exprimer dans des registres très différents mais toujours inspirés et portés par cet univers poétique et souvent mélancolique qui l'habite. 




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